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Dans ces sociétés, les femmes se sont retrouvées en première ligne dans la lutte contre l’extractivisme. Leurs engagements et leurs actions nous montrent le chemin vers un monde plus juste et durable.

 

“Par-dessus tout, lutter pour protéger toute vie et ne jamais perdre espoir” Kandi Mosset : une guerrière sioux contre l’extractivisme

 

Depuis 2006, dans le Nord Dakota, c’est une nouvelle ruée vers l’or. Le paysage désolé n’a pas changé mais les derricks, éclairés par des torchères de gaz, ont surgi partout encouragés par une législation accueillante. Ce nouvel eldorado s’inscrit dans la reconquête de l'indépendance énergétique des États-Unis promise par Barack Obama. Le pays est désormais le plus gros producteur de gaz et de pétrole au monde.

 

Mais à quel prix?

 

Le pétrole est à la fois un miracle et une malédiction.

 

Certes, la production d’un million de barils par jour a permis d’enrichir cet état agraire et de réduire le taux de chômage à zéro. Mais, sous la pression des lobbys pétroliers, les risques pourraient avoir été sous-estimés, en particulier les impacts environnemental et sur la santé des 60.000 habitant.es de cet Etat agraire.

 

Dans les réserves amérindiennes, le constat est sans appel.

 

La pollution est visible, la terre est détruite, l’eau et l’air empoisonnés par les déchets chimiques de cette industrie, les vaches perdent leur queue et le nombre de cancers et de maladies respiratoires a augmenté de manière inquiétante.

 

Les Amérindiens dénoncent une nouvelle forme de génocide et d’ethnocide.

 

Dans ce combat, les femmes ont pris le pouvoir. Elles sont à la tête de nombreuses organisations environnementales et de défense des droits civiques. Kandi Mosset dirige indigenous rising, un réseau environnemental. Elle est devenue une guerrière contre l’extractivisme. Une Lanceuse d’alerte. Elle organise des réunions publiques informe la population et raconte sur les médiaux sociaux l’effrayante réalité de cette ruée vers l’or noir.

 

Elle sait que que l’avenir des communautés passera par les femmes, les porteuses d’eau et rappelle que “ ni la terre, ni les femmes ne sont des territoires à conquérir ”.

 

“L’agroécologie est une réponse aux industries extractives” Eva Bande: l’insoumise contre l’huile de palme

 

En Indonésie, des terres éventrées à perte de vue, des orangs-outans effarouchés et une population résignée sont devenus les symboles de ce poumon vert si précieux pour la planète. Aujourd’hui, la troisième forêt tropicale du monde est encore plus menacée que l'Amazonie. Elle a perdu 24 millions d’hectares entre 2001 et 2017, soit le territoire du Royaume-Uni, et chaque minute, on déboise une surface équivalente à six terrains de football. Pointés du doigt, les géants de l'huile de palme et d'hévéas (pour le caoutchouc), l’industrie agro-alimentaire, l’industrie de la pâte à papier et les agrocarburants.

 

Dans tout le pays, les premières victimes sont les communautés autochtones, soit 170 millions de personnes et, en particulier, celles qui vivent dans la forêt. Alors, ensemble, ils luttent et imaginent de nouveaux modèles agricoles inspirés des savoirs traditionnels et l’agriculture écologique devient une alternative à la déforestation.

 

Eva Bande est une activiste environnementale en Swalesi. Condamnée à 4 ans de prison pour avoir manifesté contre les plantations de palmier à huile elle, poursuit le combat avec les agriculteurs du district de Tioli Elle propose un nouveau modèle d’agriculture.

 

En 2018, le gouvernement a lancé un moratoire sur l’octroi de nouvelles licences pour planter des palmiers à huile. En attendant, la déforestation continue, les feux s’intensifient et les désastres environnementaux sont considérables. L'Indonésie est devenue le cas d'école de ce qu'il ne faut surtout pas faire et un "laboratoire" du réchauffement climatique.

 

Mais aujourd’hui, ces peuples s'inquiètent de nouvelles menaces, comme les exploitations des mines de charbon, de minerai et la construction de barrages hydroélectriques. Ils savent que d’autres combats les attendent. Pourtant l’avenir du poumon vert de l'Indonésie, si précieux pour la planète, est peut-être entre leurs mains.

 

“Non à la destruction et oui à la vie de la planète” Patricia Gualinga: l’ambassadrice des droits de la nature

 

L’Équateur est le premier pays à avoir inscrit les droits de la nature, en 2008, dans sa constitution, alors même que 40 % de son PIB et près de 60 % de ses exportations proviennent des hydrocarbures. Mais “Exploiter tout en préservant” semble être la devise de ce gouvernement qui, en Juillet 2018, a lancé un plan de bioéconomie durable.

 

En même temps, les indiens kichwas de Sarayaku déposaient à Quito la déclaration de la Selva vivante et demandaient son inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco.

 

Selon leur cosmogonie, la terre, le cosmos, les êtres humains, les animaux, la flore, les pierres, les montagnes, les lacs, forment un tout. Dans ce tout, il y aussi les êtres vivants de la forêt qui sont invisibles. C’est pourquoi la forêt doit être protégée, au même titre que les êtres humains.

 

Cette proposition est le fruit d’une longue histoire de résistance ou de lutte.

 

Patricia Gualinga est la Fille de Don Sabino, le Chaman de la communauté et de 3 générations de résistants. En 2002, le jour où 600 militaires et 400 ouvriers ont débarqué sans prévenir avec hélicoptères, chiens et explosifs pour mener à bien des explorations sismiques, sa vie bascule. Sa décision est prise. Ce sera non. Patricia devient une ambassadrice des droits de la nature, la présidente de l’alliance des femme d’amazonie Ensemble elles défendent un art de la résistance au féminin, composé de transparence, d’intuition et d’un langage de vérité. Aujourd’hui, les Sarayakus se consacrent à promouvoir le Sumak Kawsay, le bien-vivre en harmonie. IIs entendent aussi proposer une alternative pour réduire les conséquences du réchauffement climatique.

 

La reconnaissance des droits de la nature est en cours. Des fleuves comme le Gange en Inde, ou des forêts comme l’Amazonie Colombienne, deviennent des sujets de droit par décisions judiciaires ou politiques.

 

Par leurs actions, Patricia, Eva et Kandi nous proposent des alternatives à la déforestation et à l’extractivisme. Il en va de leur survie et de la nôtre... C’est le réveil d’une nouvelle forme d'activisme au féminin

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