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Dans les sociétés de tradition orale, la transmission des savoirs et de la culture est une arme de résistance et d'émancipation.

 

À 1.500 kilomètres au nord-est de Tahiti, Fatu-Hiva est une île française de l'archipel des Marquises.

De la mer, on ne voit rien d'autre qu'un petit bout de clocher blanc et une rue principale. C'est là que se niche le village d'Oméa.

En s'approchant, un son s'échappe de cette maison en bois. C'est le bruit du battoir.

Depuis plus de cinquante ans. Sarah Vaki fabrique des tapas : des parchemins végétaux faits d'écorce laminée et décorés des motifs marquisiens.

Elle est fière de ce savoir-faire millénaire. Le tapa est l'histoire d'une étoffe sacrée, populaire et artistique, sauvée de l'oubli par les femmes. Un savoir pour ne pas disparaître.

 

Dans le nord du Japon, sur l’île Hokkaido, les premiers habitants sont les Aïnous. Au XIXème siècle, ils subissent une violente assimilation qui les contraint à abandonner leurs territoires, leur langue, leurs noms et leur culture.

Il faudra attendre 1997 pour qu'une loi de promotion de la culture aïnoue soit adoptée par le gouvernement. Cette culture animiste est l’une des plus anciennes de l'Extrême-Orient. Elle se transmet en secret de génération en génération.

Tokuda Shoko a attendu l'âge de 30 ans pour faire son « coming out » et assumer pleinement son identité aïnoue.

En 2020, Tokyo accueillera les Jeux Olympiques. La cérémonie d’ouverture prévoit des démonstrations de danses folkloriques aïnoues.

Une reconnaissance de façade dans un pays où les Aïnous ne sont toujours pas considérés comme des Japonais à part entière.

 

En Guyane française, 3.000 Amérindiens de la forêt amazonienne survivent dans une indifférence générale. Ils ont le malheur de vivre sur un territoire convoité pour ses ressources minérales. Ils sont victimes de l'orpaillage illégal, ce qui crée un climat de violence et d’insécurité.

De plus, en devenant français en 1969, ils ont perdu leur mode de vie traditionnel et leur savoir.

Ti'iwan Couchilli est la première femme Teko sculpteuse sur bois. Elle s'inspire de sa culture traditionnelle et intervient en milieu scolaire pour retisser les liens entre les jeunes et leur identité. Car aujourd'hui, ils sont en perte de repères, d'où un taux de suicide 20 fois supérieur à la moyenne nationale.

Le mal-être est profond et les Amérindiens rêvent d'une identité propre tout en étant Français : c'est leur dernier combat.

Aujourd'hui, ces « Amers-indiens » luttent pour préserver leur identité au sein de la République et pour faire respecter leurs droits au même titre que les autres citoyens de la métropole.

 

Au-delà du cercle polaire arctique, depuis plus de dix mille ans, vivent plus de cent mille Samis, un peuple féru de chasse, de pêche, de cueillette et d'élevage transhumant de rennes, sur un vaste territoire sauvage et hostile.

Mais, au cours des siècles, l’imposition de la religion, la colonisation, l’extraction des ressources naturelles ont transformé leur mode de vie. Aujourd’hui, en Norvège, seulement 10% des Samis sont encore des éleveurs.

Maret Anne Sara est une artiste fille d’éleveurs de rennes. Lorsque son frère se voit contraint par l’État d’abattre les trois-quarts de son troupeau au nom d'un éco-système durable, elle dresse un impressionnant rideau de quatre cents crânes de rennes devant le Parlement d'Oslo.

Au-delà de ses performances coups-de-poing, elle ouvre le débat sur la question des droits des Sames. Cette « action en justice artistique » a donné naissance à un mouvement de prise de conscience et de réveil citoyen.

En 2017, le roi Harald V présentait les regrets officiels de l’État norvégien pour “l’injustice dont le peuple sami a été victime du fait de sa dure politique de norvégianisation.”

 

Les Berbères ou Imazighens sont les premiers habitants du Maroc mais, jusque dans les années 2000, leur identité a été étouffée au profit de l'arabisation du pays. Dans la région du Souss, les traditions berbères se sont toujours maintenues comme celle des raïss, Ces troubadours chantent l’histoire des villages et délivrent des messages sur des sujets de société.

Fatima Tabaamrant est une des seules raïssas à s’être imposée. Elle défend la culture amazighe mais aussi les droits de ce peuple défavorisé, et en particulier ceux de la femme, doublement marginalisée.

 

Dans ces sociétés à tradition orale, l'art est à la fois création, sagesse et mode de contestation. Ces femmes appellent à la résistance et nous rappellent qu'il existe une autre manière d’être et de penser le monde.

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