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Toutes les semaines, dans les 11 districts du Rwanda, il y a une réunion Sevota. Chaque histoire est différente. Mais elles avancent ensemble et partagent leur expérience. Rencontrer les autres, c’est déjà ne plus se sentir seule, c’est sentir un peu de réconfort et retrouver un peu de dignité. S’ensuivent les jeux de rôles et les ateliers d'auto-guérison. Ce sont des gestes simples comme se tapoter le visage et la main, chanter une chanson ou danser pour repousser les pensées destructrices. Car « on ne guérit pas du traumatisme mais on peut apprendre à le gérer ». Ses thérapies, Godelieve ne les a pas apprises dans les livres, elle les a imaginées lors des premières réunions avec les femmes, dès 1994. Il fallait bien improviser et soulager la souffrance de ces femmes. Aujourd’hui, à entendre leurs témoignages, une question revient sans cesse : quel est cet humain qui peut commettre de tels crimes, quel humain peut se relever après en avoir été la cible? C’est cette humanité que nous donne à voir Sevota depuis 1994. Et on sort de ces réunions un peu plus riche. Les femmes survivantes du génocide sont des héroïnes et d’une résilience exemplaire. Elles nous donnent une leçon d’humanité et d’espoir.

« Moi aussi, ça me guérit. Ces femmes sont devenues un remède, autant je les aide autant elles m’aident aussi à me rétablir. »

C’est une quête au nom de la dignité pour tous ces enfants nés de viols. Au Rwanda, ces enfants sont appelés « cadeau du malheur ». Ils seraient entre cinq et vingt mille. Ils ont au­jourd'hui 25 ans et pas d'autre choix que de vivre avec cet héritage empoisonné. Mon père, ce violeur. Mon père, cet assassin. Comment grandir quand on est, malgré soi, le rappel vivant de la barbarie? « Tu es une génocidaire », disait Vestine à sa fille Ancille. L’enfant répondait par la violence. Vestine avait pourtant décidé de garder l’enfant contre l’avis de tous mais c’était insupportable jusqu’au jour où Vestine est venue au forum Abiyubaka destiné aux femmes qui ont des enfants nés d’un viol. Elle a pu enfin révéler la vérité sur sa conception à sa fille. De son côté, Ancille s’est rendue au « Club de la Paix », un groupe de soutien que les femmes de Sevota ont créé pour cette génération née des viols. Elle a enfin mis des mots sur sa souffrance et a pu exorciser, en partie, ses fantômes. Peu à peu, elles ont pu tisser un lien filial, un lien d’amour, car la vie est plus forte que la barbarie. Aujourd’hui, Queen, la petite-fille de Vestine est le symbole de cet amour retrouvé. Elles lui chantent en choeur ce couplet : « Ces enfants sont beaux. ce sont des enfants comme les autres. Ils sont dignes du Rwanda ». Mais d’autres n’ont pas réussi à dépasser le traumatisme. Ces enfants ont été sacrifiés, car, à la différence des orphelins du génocide, ils ne sont officiellement pas considérés comme victimes et n’ont pas reçu de soutien de la part du gouvernement. Les moyens manquent et leur prise en charge reste minime. Pourtant ces enfants sont le présent et le futur du Rwanda.

Dès 1996, l’enseignement du génocide est entré dans les programmes scolaires. Quand on les interroge sur leur origine, les enfants répondent « Nous sommes tous Rwandais ». Il aura fallu une génération pour que le pays se réconcilie et vive en paix, du moins en apparence. Mais les Rwandais pensent aussi que le monde doit se souvenir que la tâche brune du Mémorial de Ntarama, à cinquante kilomètres de Kigali, est celle du sang des enfants fracassés contre le mur par les miliciens, ou leur propre mère en cas de mariage mixte. Un message envoyé aux États qui ont une lourde responsabilité dans le génocide.

« Maman me disait que j'étais une génocidaire »

« 25 ans après, on n'oublie pas mais on apprend à gérer les traumatismes »

Rwanda, la vie après. Paroles de mères, de Benoît Dervaux (2014)

 

The uncondemned, de Michele Mitchell et Nick Louvel (2015)

 

Unwanted, pièce de théâtre de Dorothée Munyaneza

 

Rwanda, un génocide en héritage. Paroles de jeunes. André Versaille (2019)

Le Génocide au village. Le massacre des Tutsi au Rwanda d'Hélène Dumas Le Seuil

 

Jean Hatzfeld a publié cinq livres sur le génocide. Le dernier Un papa de sang Gallimard

 

Rwanda, ils parlent témoignages pour l'histoire de Laurent Larcher, Le Seuil

 

Petit Pays de Gaël Faye Gallimard

 

Call it love un récit de Felwine Sarr

 

Revue Esprit - Mai 2019 J’habite un ailleurs dont il n’y a pas d’exil. Vingt-cinq ans après le génocide des Tutsi du Rwanda par Amélie Faucheux et Emilienne Mukansoro

à Bruce Clarke. Originaire d’Afrique du Sud, il se rend au Rwanda quelques jours après le génocide. Depuis, il y retourne chaque année. Ses peintures sont habitées par le génocide du Rwanda.” Elles sont une réflexion sur le monde d'aujourd'hui et ce que l’on en fait”. https://www.bruce-clarke.com/

 

à André Versaille, écrivain et réalisateur de Parole de mères et Parole d’enfants

et à Sevota de nous avoir permis de recontrer ces femmes. https://sevota.org/

LE GÉNOCIDE EN HÉRITAGE

POUR EN SAVOIR PLUS :

SE RECONSTRUIRE PAR LA THÉRAPIE COLLECTIVE

Une quête de la vérité sur la route des larmes

 

C'est à l’hôtel Bonaventure de Montréal qu'ont eu lieu les premières auditions de la commission d’enquête. Fanny Wylde retrouve Cheryl, de la communauté Mohawk, sidérée par le désintérêt de la police pour la recherche de sa sœur après le signalement de sa disparition. Carleen, mère de trois enfants, sera retrouvée par hasard par un chasseur, sept semaines plus tard, à deux kilomètres de chez elle. Morte. Elle s'est suicidée. Cheryl s’interroge encore sur une forme de racisme, l’apathie politique et l’indifférence des médias qui font passer ces crimes pour de simple faits divers. Pour Cheryl et pour toutes les autres familles de victimes, la commission d’enquête offre une lueur d’espoir et de justice.

LE VIOL, UNE ARME DE DESTRUCTION MASSIVE

En avril 1994, le viol est un instrument d’extermination, il provient de l'idéologie raciste hutue et de sa propagande qui considèrent que les femmes tutsies sont des espionnes ou des femmes lascives. Les viols sont aussi une arme pour transmettre le sida. Même si la plupart des femmes ont été tuées après avoir servi d’esclaves sexuelles, un rapport des États-Unies a estimé qu’au moins 250.000 d’entre elles furent abusées au cours du printemps 1994. Souvent culpabilisées par leur communauté, ces femmes se muraient au début dans le silence. Dès décembre 1994, Godelieve rencontre Victoire Mukambanda, rescapée de ces barbaries extrêmes. Il faut se rappeler que des femmes ont eu les organes génitaux mutilées à la machette ou à l’acide, d’autres ont été violées avec des branches de bananier ou des tessons de bouteille de bière. Sevota organise les premiers groupes de parole où elles ont pu partager les souffrances qu’elles s’acharnaient à effacer de leur mémoire, parce que le viol reste tabou, pas seulement au Rwanda mais partout dans le monde. Peu à peu, les unes auprès des autres, elles se sont entraidées et certaines ont pu témoigner devant les tribunaux traditionnels populaires, les Gacaca. C’est ainsi que le viol, considéré dans le droit rwandais comme le moins grave des crimes de catégorie 4, soit l’équivalent des vols de meubles, et non punissable, est devenu un crime majeur de catégorie 1. Victoire de ces « braves femmes de Sevota » qui ont contribué à la condamnation de l’ancien bourgmestre de Taba en 1998 et à inscrire le viol comme un crime de génocide. Entre 2005 et 2012, 2 millions de personnes, des exécutants accusés de crimes, seront jugées. 65% seront déclarés coupables. Au niveau international, après avoir ignoré ou minimisé la gravité des événements, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui siégera à Arusha en Tanzanie, jugera sur une période de 20 ans, 93 personnes et 62 d’entre elles seront condamnées.

« Partout où j’allais, les miliciens me violaient. On m’a enterrée vivante et une fois on m’a fait boire du tyodan, un insecticide pour tuer les insectes… Mais j’ai survécu »

D'HOMMES ET DE FEMMES TUÉ.ES

SUR 7, 5 MILLIONS D'HABITANTS

Filmographie :

Bibliographie :

REMERCIEMENTS :

LA TRANSPARENTE

Godelieve grandit dans les collines. Bonne élève à l’école, ses parents agriculteurs hutus finissent par accepter qu’elle poursuive ses études. Elle devient assistante sociale. C’est dans la commune de Taba qu’elle rencontre son mari tutsi. Ils se marient et ont six enfants. Ils sont propriétaires du bar Ama Moro « Paix », d’un commerce et de terres cultivables. Ils vivent heureux jusqu’au 7 Avril 1994. À partir de ce jour, les possesseurs d’une carte d’identité portant la mention « tutsi » sont abattus sur place. C’est une véritable chasse à l’homme, au « gibier », suivie d’une mise à mort des victimes, abattues avec cruauté et comme du bétail. Le mari de Godelieve et ses enfants se cachent dans les collines. Godelieve est considérée elle-même comme traîtresse, car mariée à un Tutsi. Sa fille est violée, mais, par miracle, tous survivent. Godelieve tient promesse et décide de venir en aide aux femmes et aux enfants survivants. Elle crée alors l’association Sevota. Avec son mari, elle s’engage aussi à demander justice pour les survivants du génocide. Ils acceptent de témoigner devant le Tribunal Pénal International Pour le Rwanda (TPIR). En 1996, quelques semaines avant de comparaître, son mari est brutalement assassiné aux côtés de sa fille Angélique et de neuf autres personnes. Godelieve se relève et poursuit sa mission de soutien auprès des survivantes. Comme elle le dit si bien, ces femmes la rendent digne et, elle, les aide à retrouver leur dignité. Aujourd’hui, Sevota regroupe 80 associations et plus de 2.000 membres. Sevota apporte un soutien psychologique mais aussi financier, social et éducatif. Aujourd’hui, elle rêve de créer une fondation qui serait une ambassade des droits des femmes et un hommage aux femmes rwandaises.

« On me surnomme la juste »

Le 6 avril 1994, une explosion retentit dans le ciel de Kigali, la capitale du Rwanda. Un avion vient d’être abattu. À son bord, le président Juvenal Habyarimana ainsi que son homologue burundais. La mort du Président rwandais va servir de prétexte au massacre des Tutsis et des Hutus modérés, dont les noms sont inscrits sur des listes. C’est l’aboutissement d’une mécanique génocidaire, d’un processus planifié de longue date par l’aile dure du régime hutu. Entre le 7 avril et juillet 1994, près d’un million de personnes ont été assassinées au Rwanda et les trois-quarts de la population tutsi ont péri. Un taux d’exécution quatre fois supérieur à celui enregistré au plus fort de l’holocauste nazi. Avec en moyenne 10.000 morts par jour, le génocide rwandais s'apparente à l'un des plus grands crimes du XXe siècle. Il est tristement célèbre par l'utilisation des machettes pour les massacres et par le rôle joué par les médias dans l'exhortation au massacre ; une propagande haineuse qui trouve un écho auprès d’une population qui se considère comme laissée pour compte au sein de la société rwandaise, les tutsis ayant été privilégiés dès la colonisation belge. Sur radio Mille collines surnommée « radio machette », des messages de haine passent en boucle. « Il faut éliminer les cafards » « Coupez les pieds des enfants pour qu’ils marchent toute leur vie sur les genoux » ou encore «Tuez les filles pour qu’il n’y ait pas de générations futures». Cette propagande anti-tutsi est massive et simpliste : « Si vous ne tuez pas les Tutsis, ce sont eux qui vous tueront ». Parmi les auteurs de ces crimes, l’on trouve des soldats, des gendarmes, des politiciens, et des citoyens aussi bien des jeunes hommes que des femmes et même des enfants. Ce meurtre de masse a ceci de particulier qu’il est le premier génocide de proximité. Bourreaux et victimes étaient en effet voisins, comme le sont encore aujourd’hui les survivants.

 

Les massacres prendront fin lorsque le FPR (Front Patriotique Rwandais) s’empare de Kigali, avec Paul Kagame, Tutsi, à sa tête. En Juillet 1994, le pays est dévasté, en ruines. La population survivante est composée à 70% de femmes. Tout est à reconstruire. Les femmes prennent donc le pouvoir et, pour la première fois de leur histoire, elles deviennent, au moins aux yeux de la loi, les égales des hommes. En octobre 2014, Godelieve Mukasarasi crée Sevota (Solidarité pour l'épanouissement des veuves et des orphelins visant le travail et l’autopromotion), une association de femmes offrant un soutien psychologique et financier aux veuves du génocide, aux femmes de génocidaires et aux survivantes des viols ainsi qu’à ces enfants non désirés et aux orphelins. En 25 ans, Sevota a accompagné 74.752 personnes. Elle panse les plaies, gère les traumatismes des victimes et participe à la construction d’une société apaisée.

« Ils n'ont pas demandé pardon, mais j'ai pardonné pour être en paix »

UNE HÉROÏNE AU PAYS DU GÉNOCIDE

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VOIR LE PORTRAIT DE GODELIEVE MUKASARASI

VOIR LE PORTRAIT DE GODELIEVE MUKASARASI

LA THÉRAPIE

LA THÉRAPIE

LE VIOL UNE ARME DE GUERRE

LE VIOL UNE ARME DE GUERRE

LE GÉNOCIDE EN HÉRITAGE

LE GÉNOCIDE EN HÉRITAGE

AVRIL-JUILLET 1994 :

POPULATION :

MILLIONS D'HABITANTS

JOURS DE GÉNOCIDE

MORTS PAR JOUR

Création de Sevota

Godelieve Mukarasari est lauréate du Prix international des droits de l'homme

Godelieve Mukrasari reçoit le prix international Women of Courage

ENFANTS ORPHELIN.ES ISSU.ES DU GÉNOCIDE

selon une estimation de l'Unicef

LE NOMBRE ESTIMÉ DE FEMMES ET DE FILLES VIOLÉES SE SITUE ENTRE

AU MOINS

ENFANTS SERAIENT NÉS DE CES VIOLS

PERSONNES

ENVIRON

ENVIRON

DES FEMMES VIOLÉES

AU COURS DU GÉNOCIDE

ONT ÉTÉ INFECTÉES

PAR LE VIH / SIDA

de la population du Rwanda souffre de troubles psychologiques,

notamment de la peur que le génocide recommence.

Selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)

DES TUTSIS DU RWANDA

ONT ÉTÉ ASSASSINÉ.E.S

UN TAUX D'EXÉCUTION

QUATRE FOIS SUPÉRIEUR

A CELUI ENREGISTRÉ

AU PLUS FORT

DE L'HOLOCAUSTE NAZI

,

À

ET

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GODELIEVE

MUKASARASI

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GODELIEVE      MUKASARASI

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