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Le village de Piondo a des allures de petit bourg du Far West avec ses maisons en bois ou en ciment, agrémentées de bougainvilliers et de jardinets de roses, sa compagnie d’huile de palme et sa mosquée. Dans la rue principale, sur la gauche, des affiches indiquent la maison du syndicat des fermiers. C’est l’épicentre de la résistance. On y croise les paysans de la tribu locale de Ta, à qui la compagnie d’huile de palme avait promis, dès 1996, la construction de maisons et de terrains cultivables. On y croise aussi les paysans originaires des îles surpeuplées qui ont profité, il y a 30 ans, du programme gouvernemental dit de « transmigration » vers les territoires encore vierges de Sulawesi. Depuis 10 ans, ils luttent ensemble contre cette compagnie d’huile de palme qui n’a pas tenu ses promesses et s’est implantée, non pas sur les 6.000 hectares prévus, mais sur 10.000 hectares, les encerclant peu à peu. Des conflits de ce type il y en a eu plus de 650 en 2017, 144 en 2018. Aujourd’hui, les paysans réclament des certificats de droits fonciers coutumiers et proposent, dans le cadre des programmes de réforme agraire de l’État, un nouveau modèle d’agriculture écologique inspirée des savoirs ancestraux. Ils ont réintroduit des plantations maraîchères, du riz biologique, du curcuma et du gingembre, aujourd’hui commercialisés dans tout le district. Que du bio pour contrer les palmiers à huile.

« L'agroécologie est une forme de lutte pour les droits de l’homme et la nature »

Mina Susana Setra est une Dayak Pompakng, du Kalimantan. Ce peuple vit essentiellement de la forêt, devenue en quelques décennies une vaste étendue de palmiers à huile signant à jamais la perte de leur mode de vie, de leurs traditions et leur culture. Dès l'adolescence, Mina décide de s’engager et, à 22 ans, en 1999, elle rejoint Aman (l’Alliance des peuples autochtones des archipels d’Indonésie) qui regroupe 2.359 communautés et 17 millions de membres). Elle en devient, en 2017, la Secrétaire générale des affaires culturelles et sociales. Elle montre ainsi qu’une femme autochtone n’est plus une citoyenne de seconde classe et peut accéder à des postes à responsabilités. Elle participe en 2013 à faire changer la loi de 1999 sur les forêts indigènes, qui ne sont plus aujourd’hui considérées comme des forêts d’État. Parallèlement, elle crée un média citoyen et imagine des stratégies originales pour défendre les droits fonciers et humains des autochtones : utiliser les réseaux sociaux, envoyer des SMS, des WhatsApp aux représentants du gouvernement. En deux mots, les mettre sous pression. La stratégie paie, puisque, depuis quelques années, le gouvernement a accepté d’ouvrir le dialogue. Aujourd’hui, il prépare une redistribution de 12,7 millions d'hectares de terres aux communautés autochtones et aux habitants de la forêt. Mais ces communautés et ces habitants de la forêt attendent toujours une loi visant à protéger leurs droits.

Les peuples autochtones se sont retrouvés en première ligne dans ce combat contre la déforestation. Il en va de leur survie et de la nôtre puisque leur territoire ancestral couvre 40 millions d’hectares de forêt, soit près de la moitié du couvert forestier mondial encore vierge. C’est dire que l’avenir du poumon vert de l'Indonésie, si précieux pour la planète, est peut-être entre leurs mains. Mais aujourd’hui, ces peuples s'inquiètent de nouvelles menaces, comme les exploitations des mines de charbon, de minerai et la construction de barrages hydroélectriques. Ils savent que d’autres combats les attendent.

« Aujourd’hui nous envoyons des messages SMS ou WhatsApp aux autorités pour leur mettre la pression »

« L’agroécologie est une réponse aux industries extractives »

L'esprit de la jungle , Iwan Asnawi aux Presses Universitaires de France - PUF

 

L'Arbre-Monde , de Richard Powers, Editions Le Cherche-Midi

 

Race, Islam and Power : Ethnic and Religious violence in Post-Suharto Indonesia , de Andreas Harsono, Monash University Publishing

Le cas Bornéo , Dylan Williams & Erik Pauser

 

Forêt mouvante , de Emmanuel Coquelou , Yanette Shalter

Remerciements à Aman http://www.aman.or.id/

LES RÉSEAUX SOCIAUX

AU SERVICE DE LA LUTTE

EN SAVOIR PLUS

Conclusion

VERS UNE RÉVOLUTION AGRICOLE ÉCOLOGIQUE

LA VOIE DE L'ÉMANCIPATION DES FEMMES

En indonésie, la loi sur le mariage de 1974 stipule que « le mari est le chef de famille et la femme est la maîtresse de maison ». Une division rigide des rôles dans le plus grand pays musulman du monde où cohabitent diverses croyances. Dans tous les cas, cet article vient légitimer la domination des hommes au sein de la famille et de la communauté. Il limite aussi les activités des femmes à la sphère domestique et les maintient éloignées des instances décisionnelles. Mais, à la faveur de cette lutte agraire, les femmes ont dû prendre le relais. Leurs maris étant en prison ou sur les barricades, elles ont retrouvé le chemin des champs et se sont lancées dans les cultures maraîchères, en particulier du gingembre. Puis elles ont créé une coopérative de femmes qui les aide à la commercialisation de leurs produits dérivés de cet or rouge, mais aussi à emprunter, épargner et investir dans des projets. C’est le début de l’autonomisation, voire même de l’émancipation, de ces femmes qui ont dû demander il y a quatre ans la permission de leur mari. Aujourd’hui, ces maris sont fiers des résultats, eux qui n’ont su pérenniser leur propre coopérative.

« Avant, les femmes restaient à la maison et maintenant elles peuvent se réunir et partager leurs expériences »

Quelques repères :

Bibliographie :

Filmographie :

CELLE QUI A DIT NON

Casquette vissée sur la tête, le regard perçant et la voix autoritaire, Eva Bande n’aime pas raconter son histoire. Pourtant, c’est son enfance qui a forgé son caractère et son militantisme. Elle a grandi à Luwuk, une petite ville de Sulawesi, dans une famille très conservatrice. Son père policier ne voulait pas qu'elle aille à l'université. Mais Eva « n’accepte pas ce non comme réponse » et poursuit ses études en payant elle-même ses frais de scolarité. Sur le campus, ses études de droit lui servent à défendre les plus marginalisé.es. D’abord les femmes, puis les communautés autochtones et agraires. Lorsqu’en 2011, une compagnie d'huile de palme tente de s’implanter sur les terres des agriculteurs dans le district de Toili, Eva devient leur médiatrice. Mais la société poursuit ses plans d'expropriation des terres et ferme les routes d’accès aux champs. Enragés, les paysans organisent pourtant une manifestation pacifique devant le siège de l'entreprise, le 26 mai 2011. Eva et 23 agriculteurs sont arrêtés pour incitation présumée à la violence, elle est condamnée à 4 ans de prison, puis graciée en 2014. Depuis, elle continue le combat. Elle est l'une des rares femmes militantes à oser s'élever contre la destruction de l'environnement.

« Pour moi c’est simple, on peut pas être soumise devant l’injustice »

Des trains de troncs de bois descendent sans cesse les fleuves d’Indonésie en vue d’être exportés. Des terres éventrées à perte de vue, des orangs-outans effarouchés et une population résignée sont devenus les symboles de ces « tristes tropiques ».

Aujourd’hui, la troisième forêt tropicale du monde est encore plus menacée que l'Amazonie. Elle a perdu 24 millions d’hectares entre 2001 et 2017, soit le territoire du Royaume-Uni, et, chaque minute, on déboise une surface équivalente à six terrains de football.

Pointés du doigt, les géants de l'huile de palme et d'hévéas (pour le caoutchouc), l’industrie agro-alimentaire, l’industrie de la pâte à papier et les agrocarburants.

 

En 2018, le gouvernement a lancé un moratoire sur l’octroi de nouvelles licences pour planter des palmiers à huile. En attendant, la déforestation continue, les feux s’intensifient et les désastres environnementaux sont considérables. L'Indonésie est devenue le cas d'école de ce qu'il ne faut surtout pas faire et un « laboratoire » du réchauffement climatique.

 

Dans tout le pays, les premières victimes sont les communautés autochtones, soit 170 millions de personnes et en particulier celles qui vivent dans la forêt. Pourtant, un décret de 2012 précise que leurs forêts relèvent du droit coutumier et un projet de loi de protection des peuples et de leur habitat est à l’étude depuis 2018. Mais aucune cartographie officielle de l’Indonésie ni de ses forêts n’a été dressée depuis l’indépendance en 1945. Ce flou fait le jeu des compagnies qui violent les droits fonciers des Autochtones et de ceux qui ont migré vers des territoires vierges d'Indonésie.

 

Alors, ensemble, ils luttent et imaginent de nouveaux modèles agricoles inspirés des savoirs traditionnels et l’agriculture écologique devient une alternative à la déforestation.

« Il n’y a que deux choix : lutter ou être opprimé »

L’INSOUMISE DE L’HUILE DE PALME

MILLIONS DE PERSONNES

VIVENT SUR

D'AUTOCHTONES

DE LA POPULATION

TOTALE

SOIT

ÎLES

À

MILLIONS

INDONÉSIE -

POPULATION :

76 millions de tonnes d’huile de palme produites dans le monde sur 14 millions d'hectares

20 millions d'indonésiens vivent de cette industrie 1e producteur et exportateur mondial d'huile de palme

loi sur la reconnaissance des forêts autochtones

144 cas de conflits de plantation dont 60% dans les plantations d'huile de palme

moratoire sur l’octroi de nouvelles concessions

En 2025, toutes les terres indonésiennes devraient être certifiées.

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VERS UNE RÉVOLUTION AGRICOLE

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